Quels troubles sexuels ?


Complexité Diversité et intrication

Complexité

La sexualité est une fonction importante mais très particulière puisqu’elle est non vitale, facultative, sans normes précises et avec d’importantes variations dans le temps et selon les individus et l’environnement.
Outre la procréation et l’érotisme, la sexualité a également un rôle identitaire et relationnel essentiel qui est trop souvent ignoré. Ainsi, la sexualité étant en règle vécue à deux, la compréhension de la sexualité d’un individu nécessite de prendre en compte l’intimité du couple.

Une information insuffisante peut avoir des conséquences directes sur la sexualité…
Physiologiquement, la prostate n’intervient directement que dans la sexualité à visée reproductrice. Son rôle dans la sexualité non reproductrice (qu’elle soit « amour » / ludique / érotique) n’est qu’indirect et se traduit par une modification de l’éjaculation (diminution de volume, douleurs, éjaculation rétrograde).
Malheureusement, la fréquente méconnaissance du rôle exact de la prostate sur la sexualité est à l’origine de confusion susceptible de retentir sur la sexualité non reproductrice. Par exemple, la disparition habituelle de l’éjaculation  » normale  » par la verge, après chirurgie pour hypertrophie de la prostate, peut être responsable d’une  » impuissance  » chez certains hommes inquiets et fragilisés (qui pensent :  » je ne suis plus un homme ! « ). Cette  » impuissance  » est d’origine psychologique puisque cette chirurgie n’est réellement responsable que d’une infertilité.

DéfinitionHypertrophie : Augmentation du volume d’un organe ou d’un tissu.

Diversité et intrication

Le trouble sexuel, de très loin le plus médiatisé et le mieux connu est le dysfonctionnement érectile. Ce dysfonctionnement peut exceptionnellement se faire par excès (priapisme) et beaucoup plus fréquemment par défaut (insuffisance érectile quantitative et / ou qualitative). Pourtant, il n’est pas le plus fréquent des troubles sexuels.
L’étude nationale réalisée en 1993 sur le comportement sexuel des Français a ainsi montré que les troubles de l’éjaculation étaient beaucoup plus fréquents, suivis des troubles du désir et du plaisir.

Fréquence des troubles sexuels chez l’homme (Source : Étude ACSF 1993) :

Fréquence des troubles sexuels

Ces résultats ne sont guère étonnants, car l’érection ne résume pas à elle seule la fonction sexuelle de l’homme.

Celle-ci intègre en effet quatre paramètres :

  • l’érection,
  • l’éjaculation,
  • le désir (ou libido),
  • l’orgasme.

Avoir des troubles de l’érection ne signifie nullement être stérile, ni ne plus avoir de désir, de plaisir ou d’éjaculation. La réalité est qu’une bonne érection (en quantité et en qualité) est une condition nécessaire mais non suffisante à une sexualité masculine satisfaisante, qui implique également l’absence de troubles de l’éjaculation, de l’orgasme et du désir sexuel. Il est important de rechercher systématiquement ces différents troubles, car ils sont souvent intriqués dans la réalité quotidienne.

Une enquête menée chez 1000 hommes > 18 ans (source : étude Upjohn / Sofres 1994) a montré que le trouble érectile coexistait avec :

  • une baisse du désir (dans 36% des cas),
  • une éjaculation précoce (dans 21% des cas),
  • des problèmes d’orgasme (dans 11% des cas).