En conclusion, en dehors des troubles
de l'éjaculation, le traitement chirurgical de
l'HBP a un impact limité sur la sexualité.
Le rapport de l'Association Française d'Urologie
de 1993 montrait ainsi que si 64% des patients opérés
pour HBP symptomatique avaient une activité sexuelle
avant l'intervention, 61% la conservait encore après
deux ans. Cette préservation était d'autant
meilleure que les sujets étaient plus jeunes,
c'est-à-dire avant 70 ans. Si l'activité
sexuelle était très réduite le
premier mois, elle restait inchangée pour un
tiers, diminuait pour un tiers et curieusement, s'améliorait
pour un tiers. Cette amélioration de la sexualité
par la chirurgie est une notion récente qui peut
s'expliquer notamment par une amélioration des
troubles urinaires (d'où une meilleure qualité
de vie du couple) et une diminution des douleurs ou
de la gêne lors de l'éjaculation. Ces données
concordent avec une étude multicentrique anglaise
(Leilefield 2002) qui montre que
8 hommes opérés
sur 10 ne rapportent pas de modification de leur vie
sexuelle. Au contraire, un certain nombre (un peu
plus de 10 %) signalent même une amélioration
des érections, du désir et de l'activité
sexuelle. Ce double bénéfice (urinaire
et sexuel) n'est pas étonnant puisque la chirurgie
n'est à priori indiquée qu'en cas de troubles
urinaires les plus sévères (c'est-à-dire
susceptibles d'avoir un important retentissement sexuel).
En fait, la qualité de la vie sexuelle post-opératoire
dépend pour beaucoup de :

la qualité de la sexualité pré-opératoire,

l'environnement du sujet (notamment le rôle de
la partenaire),

la qualité de l'information pré-opératoire,

la présence de pathologies associées délétères
pour la sexualité.