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  Questions / Réponses
  Hypertrophie bénigne de la prostate
  Cancer de la prostate

Qu'est-ce que l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) ?

 
Encore dénommée adénome de la prostate, il s'agit d'une affection bénigne touchant la prostate. Cette affection est caractérisée par une augmentation de volume du tissu glandulaire qui compose la prostate, particulièrement dans la zone autour de l'urètre. L'urètre s'en trouve ainsi progressivement comprimé. Il s'en suit une difficulté croissante pour uriner.
   

Quelle est la différence entre cancer de la prostate, adénome de prostate et hypertrophie bénigne de la prostate ?

 
Adénome de prostate et HBP sont une même maladie qui se caractérise par une hypertrophie locale non cancéreuse du tissu glandulaire constituant la prostate.
Le cancer de la prostate est une transformation maligne du tissu glandulaire. D'abord localisé, il tend à sortir de la glande pour se propager aux organes voisins et à distance (métastases).
   

L'hypertrophie bénigne de la prostate est-elle une maladie fréquente ?

 
L'HBP clinique (c'est-à-dire avec présence de signes urinaires) concernerait en France plus de 6 millions d'hommes de plus de 60 ans.
La fréquence augmente avec l'âge : environ 20% autour de 40 ans, plus de 50 % autour de 70 ans. Chaque année, 100 000 hommes sont opérés de l'HBP.
   

Comment se manifeste l'hypertrophie bénigne de la prostate ?

 
L'HBP est longtemps silencieuse et peut le rester. La compression progressive de l'urètre est responsable de deux types de troubles urinaires :
    des signes irritatifs liés à la rétention d'une certaine quantité d'urine malgré la fin de la miction : augmentation de fréquence des mictions le jour, apparition de mictions nocturnes de plus en plus fréquentes, envies répétées et impérieuses d'uriner quelquefois accompagnées de fuites urinaires.
    des signes obstructifs liés à la nécessité de franchir l'obstacle prostatique : nécessité de pousser pour uriner, faiblesse du jet, mictions rallongées, gouttes retardataires en fin de miction.
   

L'hypertrophie bénigne de la prostate peut-elle entraîner la stérilité et/ou une impuissance ?

 
La prostate n'ayant aucun rôle sur la production des spermatozoïdes, l'érection et le mécanisme d'éjaculation, l'HBP n'entraîne pas de risque de stérilité ni d'impuissance. En revanche, le traitement chirurgical parfois nécessaire entraîne très fréquemment un problème d'éjaculation rétrograde (le sperme va dans la vessie lors de l'éjaculation au lieu de sortir par l'extrémité de la verge). C'est également le cas avec certains traitements médicaux destinés à traiter l'HBP.
   
L'hypertrophie bénigne de la prostate peut-elle dégénérer en cancer ?
 
Bien qu'elles touchent toutes les deux les éléments glandulaires de la prostate, HBP ne dégénère jamais en cancer. Cependant, les deux affections peuvent coexister. Ceci explique le dépistage systématique du cancer de la prostate par le dosage du PSA (Antigène Prostatique Spécifique) dans le cadre de la prise en charge d'une HBP. De même, en cas d'intervention chirurgicale, le tissu prostatique retiré est systématiquement analysé.
   
L'hypertrophie bénigne de la prostate favorise-t-elle les infections urinaires ou génitales ?
 
A cause du résidu restant après chaque miction, l'infection des urines à partir de bactéries présentes dans l'urètre est plus fréquente. L'infection des urines vésicales entraîne l'infection de la prostate (prostatite), ce qui peut majorer l'obstruction par compression de l'urètre pour aboutir à une rétention aiguë d'urine. L'infection peut aussi se propager de façon rétrograde au reins (pyélonéphrite) et aux testicules (orchi-épididymite).
La formation de calculs liés à la stase urinaire chronique est aussi un facteur favorisant les infections urinaires.
   
Comment savoir si j'ai une hypertrophie bénigne de la prostate ?
 
Le diagnostic d'HBP ne peut être porté que par un médecin à l'issu d'un interrogatoire, d'examen physique et parfois d'un bilan complémentaire. En revanche, ce diagnostic n'est envisagé qu'en présence de troubles urinaires (difficulté à uriner, mictions de plus en plus fréquentes ou apparaissant la nuit) qui doivent donc amener à consulter. Parfois, le diagnostic est porté au décours d'une complication apparaissant malheureusement d'emblée (prostatite infectieuse, rétention aiguë d'urine), mais cela ne justifie pas actuellement de rechercher systématiquement par échographie une HBP silencieuse en l'absence de signes urinaires. Ce d'autant plus qu'il n'existe pas de corrélation entre volume de la prostate et l'intensité des troubles.
   
Y a-t-il une fatalité de l'hypertrophie bénigne de la prostate ? est-ce héréditaire ?
 
Bien qu'elle n'ait pas été formellement identifiée sur le plan génétique, il existe une réelle prédisposition familiale à l'HBP et ce d'autant plus qu'elle survient précocement. Ces formes "familiales" sont caractérisées par des HBP avec un important volume prostatique.
   
Comment mon médecin traitant peut détecter que j'ai une hypertrophie bénigne de la prostate lors d'une consultation au cabinet ?
 
L'interrogatoire pour préciser la nature des troubles urinaires est un temps important pour le médecin. En effets, les troubles urinaires liés à l'HBP sont facilement identifiables (contrairement au cancer qui est totalement silencieux dans sa phase de développement intra-prostatique) : augmentation des mictions, le jour et la nuit, nécessité de pousser pour uriner, faiblesse du jet et longueur de la miction…
Un toucher rectal est alors effectué pour évaluer le volume de la prostate et sa consistance et rechercher un éventuel nodule palpable au bout du doigt qui peut évoquer un cancer prostatique associé.
En fin de consultation, le médecin peut décider de prescrire un bilan et éventuellement un premier traitement s'il le juge urgent.
   
Quelles sont les examens que va me prescrire mon médecin traitant s'il suspecte une hypertrophie bénigne de la prostate ?
 
Classiquement, le bilan d'une HBP comprend :
    une échographie vésico-prostatique et rénale pour mesurer la taille de la prostate, rechercher un résidu vésical après miction signant la rétention dûe à l'obstacle prostatique et rechercher une éventuelle complication (calcul, dilatation uretérale,…).
    Une prise de sang comprenant PSA (marqueur sanguin pour dépister le cancer de prostate), créatininémie (évaluation de la fonction rénale).
    Une analyse d'urine (ECBU) pour rechercher une infection et/ou une hématurie (sang dans l'urine).
    Débimétrie (non systématique) pour mesurer objectivement la valeur du débit mictionnel.
Ces examens sont laissés à l'appréciation du médecin en fonction des symptômes.
   
Dois-je prévenir mon ou ma partenaire si j'ai une hypertrophie bénigne de la prostate ?
 
L'HBP n'ayant aucun retentissement sur la sexualité, l'information du conjoint est affaire de personne. En revanche, en cas de complication infectieuse, l'abstinence sexuelle est de rigueur bien que les germes impliqués ne soient pas le plus souvent d'origine vénérienne et donc à faible pouvoir de contagiosité.
   
Quels sont les traitements possibles ?
 
Le traitement est fonction de la gravité des troubles. Les traitements médicaux (phytothérapie, alpha bloquants et inhibiteurs de la 5 alpha-réductase) réduisent plus ou moins efficacement les troubles urinaires sans éliminer l'adénome. Les traitements chirurgicaux permettent soit de diminuer l'obstruction (incision cervicoprostatique) soit d'enlever l'hypertrophie (résection endoscopique et adénomectomie par voie haute).
   
L'hypertrophie bénigne de la prostate nécessite-t-elle toujours un traitement ?
 
L'HBP ne nécessite un traitement que si elle est responsable de troubles urinaires mal vécus par le patient ou si une complication est survenue. Le constat fortuit d'une grosse prostate non suspectée cliniquement lors d'une échographie vésicale prescrite pour un autre motif sans rapport avec l'HBP ne justifie pas de traitement, ce d'autant qu'il n'existe pas de corrélation stricte entre la taille de la prostate et l'intensité de l'effet obstructif par compression de l'urètre. Ainsi, une HBP silencieuse ou bien supportée fera l'objet d'une simple surveillance annuelle, tandis qu'une HBP avec troubles urinaires importants ou complication nécessitera un traitement adapté.
   
Qu'arrive-t-il en l'absence de traitement de l'hypertrophie bénigne de la prostate ? Quelles sont les éventuelles complications ?
 
L'HBP peut rester silencieuse toute la vie ou entraîner des troubles mineurs bien supportés selon les individus. Mais, en l'absence de traitement, une HBP avec des signes cliniques s'aggrave le plus souvent inexorablement avec le temps et entraîne des complications. Celles-ci sont parfois le mode d'entrée brutal dans la maladie à la faveur d'un facteur surajouté.
Les principales complications possibles sont :
    la rétention aiguë d'urine (impossibilité totale et brutale d'uriner) qui nécessite un traitement évacuateur en urgence par sondage ou pose d'un cathéter sus pubien.
    l'infection des urines qui réalise une prostatite majorant l'obstacle à la miction et peut se propager aux reins (pyélonéphrite) et aux testicules (orchiépididymite)
    calculs vésicaux (liée à la sédimentation engendrée par le résidu vésical chronique)
    insuffisance rénale (à un stade évolué)
   
Les traitements médicaux de l'hypertrophie bénigne de la prostate sont-ils efficaces ?
 
Les médicaments utilisés dans l'HBP servent à diminuer les troubles urinaires ressentis (ils ne guérissent pas) et sont de trois types :
    la phytothérapie : d'efficacité inconstante mais très bien tolérés ;
- les alpha bloquants : les plus efficaces rapidement (en quelques jours en diminuant le tonus musculaire des fibres intra-prostatique autour de l'urètre) ;
    les inhibiteurs de la 5 alpha-réductase qui agissent sur le long terme (plusieurs mois) en diminuant le volume prostatique et donc réservés aux grosses prostates.
Finalement, les traitements médicaux améliorent les symptômes et réduisent le risque de complications mais n'évitent pas forcément définitivement une opération.
   
Les traitements de l'hypertrophie bénigne de la prostate permettent-ils de conserver une sexualité normale ?
 
Phytothérapie et alpha bloquant n'influent pas sur la sexualité. En revanche, les inhibiteurs de la 5 alpha-réductase, par leur interférence avec le métabolisme de la testostérone, peuvent entraîner une baisse de la libido (ainsi qu'une augmentation du volume des seins) qui ne survient que dans 5 % des patients environ.
   
En cas de traitement médical, doit-on le prendre à vie ?
 
Les traitements médicaux n'éliminent pas d'adénome de la prostate. Aussi, a priori ils sont destinés à être utilisés quotidiennement en permanence et relayés par une intervention chirurgicale en cas de complications ou de perte d'efficacité.
Dans la pratique, il n'est pas rare de procéder par des cures de plusieurs mois espacées de périodes sans traitement ou, à elles seules, les mesures hygiéno-diététiques peuvent suffire pendant plusieurs mois. Car les troubles liés à l'HBP évoluent par poussées et les traitements médicamenteux doivent être au mieux adaptés aux poussées.
Par ailleurs, il est nécessaire de rappeler au patient la nécessité de prendre garde aux traitements prescrits pour d'autres maladies qui peuvent exagérer l'obstruction (anticholinergiques) ou interférer avec le traitement pris pour l'HBP.
   
Faut-il avoir un régime alimentaire particulier en cas d'HBP ?
 
Des mesures hygiéno-diététiques systématiques associées au traitement médical sont toujours utiles. Les abus d'épices et d'alcool, sont connus pour exacerber l'HBP et majorer les troubles mictionnels. En revanche, l'absorption régulière de boissons et l'activité physique régulière sont conseillées.
   
Quand doit-on se faire opérer ?
 
La chirurgie est le recours incontournable en cas d'HBP compliquée (infections urinaires à répétitions, rétention aiguë d'urine, calculs vésicaux, gros diverticules vésicaux, dilatation des cavités rénales avec ou sans insuffisance rénale) ou la présence de signes urinaires sévères non améliorés par le traitement médical maximal bien conduit.
   
Quelles sont les interventions chirurgicales possibles ?
 
Trois techniques sont utilisées :
    la résection endoscopique prostatique qui consiste à raboter l'adénome à l'aide d'un résecteur positionné dans l'urètre est la technique actuellement la plus utilisée.
    l'incision cervicoprostatique qui consiste à ouvrir l'urètre prostatique longitudinalement en passant par l'urètre est réservé au petits adénomes ;
    l'adénomectomie par "voie haute" (en passant par une incision sus pubienne) est réservée actuellement aux formes compliquées et lorsque le volume de la prostate est important (> 60 cc).
   
Quelles sont les risques liés à l'intervention chirurgicale ?
 
Seul traitement radical, la chirurgie présente le risque lié à l'anesthésie (générale ou rachianesthésie) qu'elle suppose.
Dans les suites opératoires, il existe des risques d'hémorragie et de rétention par caillotage (réduit par le sondage systématique quelques jours associé au maintien d'une bonne diurèse).
A distance, des possibilités d'incontinence ou de sténose urétrale sont possibles mais faibles.
Les risques d'impuissance existent, mais le principal effet indésirable est celui de l'éjaculation rétrograde (le sperme passe dans la vessie lors de l'éjaculation) avec la chirurgie par voie haute et la résection endoscopique.
   
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