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L'hypertrophie bénigne
de la prostate peut-elle entraîner la stérilité
et/ou une impuissance ?
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La prostate n'ayant aucun rôle sur
la production des spermatozoïdes, l'érection et
le mécanisme d'éjaculation, l'HBP n'entraîne
pas de risque de stérilité ni d'impuissance.
En revanche, le traitement chirurgical parfois nécessaire
entraîne très fréquemment un problème
d'éjaculation rétrograde (le sperme va dans
la vessie lors de l'éjaculation au lieu de sortir par
l'extrémité de la verge). C'est également
le cas avec certains traitements médicaux destinés
à traiter l'HBP.
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L'hypertrophie
bénigne de la prostate peut-elle dégénérer
en cancer ?
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Bien qu'elles touchent toutes les deux
les éléments glandulaires de la prostate, HBP
ne dégénère jamais en cancer. Cependant,
les deux affections peuvent coexister. Ceci explique le dépistage
systématique du cancer de la prostate par le dosage
du PSA (Antigène Prostatique Spécifique) dans
le cadre de la prise en charge d'une HBP. De même, en
cas d'intervention chirurgicale, le tissu prostatique retiré
est systématiquement analysé.
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L'hypertrophie
bénigne de la prostate favorise-t-elle les infections
urinaires ou génitales ?
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A cause du résidu restant après
chaque miction, l'infection des urines à partir de
bactéries présentes dans l'urètre est
plus fréquente. L'infection des urines vésicales
entraîne l'infection de la prostate (prostatite), ce
qui peut majorer l'obstruction par compression de l'urètre
pour aboutir à une rétention aiguë d'urine.
L'infection peut aussi se propager de façon rétrograde
au reins (pyélonéphrite) et aux testicules (orchi-épididymite).
La formation de calculs liés à la stase urinaire
chronique est aussi un facteur favorisant les infections urinaires.
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Comment savoir si j'ai une hypertrophie
bénigne de la prostate ? |
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Le diagnostic d'HBP ne peut être
porté que par un médecin à l'issu d'un
interrogatoire, d'examen physique et parfois d'un bilan complémentaire.
En revanche, ce diagnostic n'est envisagé qu'en présence
de troubles urinaires (difficulté à uriner,
mictions de plus en plus fréquentes ou apparaissant
la nuit) qui doivent donc amener à consulter. Parfois,
le diagnostic est porté au décours d'une complication
apparaissant malheureusement d'emblée (prostatite infectieuse,
rétention aiguë d'urine), mais cela ne justifie
pas actuellement de rechercher systématiquement par
échographie une HBP silencieuse en l'absence de signes
urinaires. Ce d'autant plus qu'il n'existe pas de corrélation
entre volume de la prostate et l'intensité des troubles.
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Y a-t-il une fatalité
de l'hypertrophie bénigne de la prostate ? est-ce héréditaire
?
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Bien qu'elle n'ait pas été
formellement identifiée sur le plan génétique,
il existe une réelle prédisposition familiale
à l'HBP et ce d'autant plus qu'elle survient précocement.
Ces formes "familiales" sont caractérisées
par des HBP avec un important volume prostatique.
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Comment mon médecin
traitant peut détecter que j'ai une hypertrophie bénigne
de la prostate lors d'une consultation au cabinet ?
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L'interrogatoire pour préciser la
nature des troubles urinaires est un temps important pour
le médecin. En effets, les troubles urinaires liés
à l'HBP sont facilement identifiables (contrairement
au cancer qui est totalement silencieux dans sa phase de développement
intra-prostatique) : augmentation des mictions, le jour et
la nuit, nécessité de pousser pour uriner, faiblesse
du jet et longueur de la miction
Un toucher rectal est alors effectué pour évaluer
le volume de la prostate et sa consistance et rechercher un
éventuel nodule palpable au bout du doigt qui peut
évoquer un cancer prostatique associé.
En fin de consultation, le médecin peut décider
de prescrire un bilan et éventuellement un premier
traitement s'il le juge urgent.
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Quelles sont les
examens que va me prescrire mon médecin traitant s'il
suspecte une hypertrophie bénigne de la prostate ?
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Classiquement, le bilan d'une HBP comprend
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une échographie vésico-prostatique et rénale
pour mesurer la taille de la prostate, rechercher un résidu
vésical après miction signant la rétention
dûe à l'obstacle prostatique et rechercher une
éventuelle complication (calcul, dilatation uretérale,
).

Une prise de sang comprenant PSA (marqueur sanguin pour dépister
le cancer de prostate), créatininémie (évaluation
de la fonction rénale).

Une analyse d'urine (ECBU) pour rechercher une infection et/ou
une hématurie (sang dans l'urine).

Débimétrie (non systématique) pour mesurer
objectivement la valeur du débit mictionnel.
Ces examens sont laissés à l'appréciation
du médecin en fonction des symptômes.
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Dois-je prévenir
mon ou ma partenaire si j'ai une hypertrophie bénigne
de la prostate ?
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L'HBP n'ayant aucun retentissement sur
la sexualité, l'information du conjoint est affaire
de personne. En revanche, en cas de complication infectieuse,
l'abstinence sexuelle est de rigueur bien que les germes impliqués
ne soient pas le plus souvent d'origine vénérienne
et donc à faible pouvoir de contagiosité.
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Quels sont les traitements possibles
? |
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Le traitement est fonction de la gravité
des troubles. Les traitements médicaux (phytothérapie,
alpha bloquants et inhibiteurs de la 5 alpha-réductase)
réduisent plus ou moins efficacement les troubles urinaires
sans éliminer l'adénome. Les traitements chirurgicaux
permettent soit de diminuer l'obstruction (incision cervicoprostatique)
soit d'enlever l'hypertrophie (résection endoscopique
et adénomectomie par voie haute).
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L'hypertrophie bénigne de
la prostate nécessite-t-elle toujours un traitement ?
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L'HBP ne nécessite un traitement
que si elle est responsable de troubles urinaires mal vécus
par le patient ou si une complication est survenue. Le constat
fortuit d'une grosse prostate non suspectée cliniquement
lors d'une échographie vésicale prescrite pour
un autre motif sans rapport avec l'HBP ne justifie pas de
traitement, ce d'autant qu'il n'existe pas de corrélation
stricte entre la taille de la prostate et l'intensité
de l'effet obstructif par compression de l'urètre.
Ainsi, une HBP silencieuse ou bien supportée fera l'objet
d'une simple surveillance annuelle, tandis qu'une HBP avec
troubles urinaires importants ou complication nécessitera
un traitement adapté.
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Qu'arrive-t-il en l'absence de traitement
de l'hypertrophie bénigne de la prostate ? Quelles sont
les éventuelles complications ? |
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L'HBP peut rester silencieuse toute la
vie ou entraîner des troubles mineurs bien supportés
selon les individus. Mais, en l'absence de traitement, une
HBP avec des signes cliniques s'aggrave le plus souvent inexorablement
avec le temps et entraîne des complications. Celles-ci
sont parfois le mode d'entrée brutal dans la maladie
à la faveur d'un facteur surajouté.
Les principales complications possibles sont :

la rétention aiguë d'urine (impossibilité
totale et brutale d'uriner) qui nécessite un traitement
évacuateur en urgence par sondage ou pose d'un cathéter
sus pubien.

l'infection des urines qui réalise une prostatite majorant
l'obstacle à la miction et peut se propager aux reins
(pyélonéphrite) et aux testicules (orchiépididymite)

calculs vésicaux (liée à la sédimentation
engendrée par le résidu vésical chronique)

insuffisance rénale (à un stade évolué)
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Les traitements
médicaux de l'hypertrophie bénigne de la prostate
sont-ils efficaces ?
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Les médicaments utilisés
dans l'HBP servent à diminuer les troubles urinaires
ressentis (ils ne guérissent pas) et sont de trois
types :

la phytothérapie : d'efficacité inconstante
mais très bien tolérés ;
- les alpha bloquants : les plus efficaces rapidement (en
quelques jours en diminuant le tonus musculaire des fibres
intra-prostatique autour de l'urètre) ;

les inhibiteurs de la 5 alpha-réductase qui agissent
sur le long terme (plusieurs mois) en diminuant le volume
prostatique et donc réservés aux grosses prostates.
Finalement, les traitements médicaux améliorent
les symptômes et réduisent le risque de complications
mais n'évitent pas forcément définitivement
une opération.
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Les traitements
de l'hypertrophie bénigne de la prostate permettent-ils
de conserver une sexualité normale ?
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Phytothérapie et alpha bloquant
n'influent pas sur la sexualité. En revanche, les inhibiteurs
de la 5 alpha-réductase, par leur interférence
avec le métabolisme de la testostérone, peuvent
entraîner une baisse de la libido (ainsi qu'une augmentation
du volume des seins) qui ne survient que dans 5 % des patients
environ.
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En cas de traitement médical,
doit-on le prendre à vie ? |
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Les traitements médicaux n'éliminent
pas d'adénome de la prostate. Aussi, a priori ils sont
destinés à être utilisés quotidiennement
en permanence et relayés par une intervention chirurgicale
en cas de complications ou de perte d'efficacité.
Dans la pratique, il n'est pas rare de procéder par
des cures de plusieurs mois espacées de périodes
sans traitement ou, à elles seules, les mesures hygiéno-diététiques
peuvent suffire pendant plusieurs mois. Car les troubles liés
à l'HBP évoluent par poussées et les
traitements médicamenteux doivent être au mieux
adaptés aux poussées.
Par ailleurs, il est nécessaire de rappeler au patient
la nécessité de prendre garde aux traitements
prescrits pour d'autres maladies qui peuvent exagérer
l'obstruction (anticholinergiques) ou interférer avec
le traitement pris pour l'HBP.
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Faut-il avoir un régime alimentaire
particulier en cas d'HBP ? |
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Des mesures hygiéno-diététiques
systématiques associées au traitement médical
sont toujours utiles. Les abus d'épices et d'alcool,
sont connus pour exacerber l'HBP et majorer les troubles mictionnels.
En revanche, l'absorption régulière de boissons
et l'activité physique régulière sont
conseillées.
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Quand doit-on se faire opérer
? |
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La chirurgie est le recours incontournable
en cas d'HBP compliquée (infections urinaires à
répétitions, rétention aiguë d'urine,
calculs vésicaux, gros diverticules vésicaux,
dilatation des cavités rénales avec ou sans
insuffisance rénale) ou la présence de signes
urinaires sévères non améliorés
par le traitement médical maximal bien conduit.
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Quelles sont les interventions chirurgicales
possibles ? |
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Trois techniques sont utilisées
:

la résection endoscopique prostatique qui consiste
à raboter l'adénome à l'aide d'un résecteur
positionné dans l'urètre est la technique actuellement
la plus utilisée.

l'incision cervicoprostatique qui consiste à ouvrir
l'urètre prostatique longitudinalement en passant par
l'urètre est réservé au petits adénomes
;

l'adénomectomie par "voie haute" (en passant
par une incision sus pubienne) est réservée
actuellement aux formes compliquées et lorsque le volume
de la prostate est important (> 60 cc).
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Quelles sont les risques liés
à l'intervention chirurgicale ? |
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Seul traitement radical, la chirurgie présente
le risque lié à l'anesthésie (générale
ou rachianesthésie) qu'elle suppose.
Dans les suites opératoires, il existe des risques
d'hémorragie et de rétention par caillotage
(réduit par le sondage systématique quelques
jours associé au maintien d'une bonne diurèse).
A distance, des possibilités d'incontinence ou de sténose
urétrale sont possibles mais faibles.
Les risques d'impuissance existent, mais le principal effet
indésirable est celui de l'éjaculation rétrograde
(le sperme passe dans la vessie lors de l'éjaculation)
avec la chirurgie par voie haute et la résection endoscopique.
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