 |
Avoir la "prostate",
est-ce une maladie ?
|
| |
Non, la prostate est une glande retrouvée
chez tous les hommes (jamais chez la femme). Elle sert à
fabriquer le liquide séminal (milieu de "survie"
des spermatozoïdes).
Elle peut augmenter de taille avec l'âge et parfois
gêner la miction (l'action d'uriner). C'est alors le
plus souvent une tumeur bénigne et non un cancer ("hypertrophie
bénigne de la prostate"). C'est ce que l'on appelle
(à tort) : "avoir la prostate".
|
| |
|
 |
Qu'est-ce que le PSA ? |
| |
Le PSA (Antigène Spécifique
de la Prostate) est une enzyme fabriquée par les cellules
prostatiques normales. Il a probablement plusieurs fonctions,
dont celle de garder le sperme liquide.
Le PSA est concentré dans la prostate. Les concentrations
dans le sang sont normalement très faibles. Certaines
atteintes de la prostate comme l'infection, l'inflammation
et le cancer augmentent le passage du PSA dans le sang et
donc les concentrations sanguines de PSA.
|
| |
|
 |
Devez-vous vous faire doser le PSA
? |
| |
Le PSA est dosé sur un simple prélèvement
sanguin dans tous les laboratoires d'analyse. C'est le test
le plus efficace actuellement pour déceler le cancer
de la prostate avant qu'il ne donne des signes cliniques.
Cependant, son dosage systématique dans un but de dépistage
ne fait pas l'unanimité. L'ANAES (émanation
du ministère de la santé) a conclu sur l'absence
d'arguments suffisants pour recommander le dépistage.
L'AFU (Association Française d'Urologie) recommande
le dosage annuel de PSA et un toucher prostatique à
partir de 50 ans et jusqu'à 75 ans, intervalle où
le traitement précoce a le plus de chances d'influer
sur la survie. La limite inférieure peut-être
abaissée jusqu'à 45 ans en cas d'antécédents
familiaux de cancer de prostate ou d'origine africaine.
Le dosage de PSA est également utile dans le suivi
d'un cancer de prostate traité.
|
| |
|
 |
Est-ce que l'augmentation
de la concentration dans le sang de PSA signe la présence
d'un cancer de la prostate ?
|
| |
L'augmentation du chiffre de PSA ne signe
pas la présence d'un cancer de la prostate. En particulier,
un chiffre inférieur à 10 ng/ml (normale généralement
fixée à moins de 4 ng/ml) correspond plus souvent
à un problème bénin (adénome =
hypertrophie bénigne de la prostate, inflammation,
infection, autres causes non cancéreuses,
) qu'à
un cancer de la prostate.
Par ailleurs, le chiffre de PSA peut fluctuer et il faut le
confirmer dans les 2 mois.
Plus le chiffre de PSA est élevé, plus le risque
de cancer augmente.
|
| |
|
 |
Comment établir
définitivement le diagnostic de cancer de la prostate
?
|
| |
En cas de suspicion de cancer de la prostate
(PSA élevé et/ou toucher de la prostate anormal),
une biopsie de la prostate est réalisée. Il
s'agit d'un "carottage", c'est-à-dire d'un
prélèvement de tissu prostatique avec une aiguille
(8 à 12 prélèvements sous contrôle
échographique en passant par le rectum).
Le diagnostic de cancer ne peut être posé que
sur la constatation au microscope (examen anatomopathologique)
de cellules cancéreuses.
|
| |
|
 |
Comment prédire la gravité
d'un cancer de la prostate ? |
| |
Tous les cancers de la prostate n'ont pas
la même évolution. Certains peuvent rester longtemps
stables et d'autres progresser rapidement avec un risque de
dissémination locale et à distance, en particulier
vers les os (métastases).
Il n'est pas possible de prédire de façon précise,
chez un individu en particulier, l'agressivité d'un
cancer de prostate. Certains facteurs peuvent cependant donner
des indications statistiques.
Un cancer est d'autant plus grave "en moyenne" que
:

le PSA est élevé,

la maladie n'est plus localisée à la prostate,

l'aspect au microscope du tissu prostatique prélevé
lors de la biopsie évoque une forme " agressive
" (selon la classification de Gleason).
|
| |
|
 |
Qu'appelle-t-on le score de Gleason
? |
| |
L'aspect au microscope du tissu prostatique
prélevé lors de la biopsie peut-être classé
selon une classification dite de "Gleason".
Gleason est un médecin qui a décrit cette classification
qui va de 2 à 10. Plus le tissu cancéreux se
rapproche de l'aspect normal, plus ce score est faible et
moins le cancer est agressif. Et inversement.
La majorité des cancers de prostate sont classés
entre 5 et 7.
|
| |
|
 |
Doit-on modifier
son alimentation et son hygiène de vie en cas de cancer
de la prostate ?
|
| |
Certaines études préliminaires
(études de laboratoire et études de population)
ont montré que la graisse animale était possiblement
un facteur favorisant du cancer de la prostate alors que les
produits traditionnels de l'alimentation asiatique - soja,
poisson, légumes (en particulier les tomates qui contiennent
du Lycopène), fruits - étaient protecteurs.
Il n'y a cependant pas de preuve scientifique formelle quant
à la prévention et encore moins quant au bénéfice
thérapeutique. En 2007, nous devrions obtenir les premiers
résultats d'une étude américaine comparative
évaluant l'effet du sélénium et de la
vitamine E dans la prévention du cancer de la prostate.
En cas de traitement à base d'hormones (hormonothérapie)
pour un cancer de la prostate, il est essentiel de respecter
certaines règles pour atténuer les effets indésirables
du traitement :

éviter la prise de poids en contrôlant l'apport
calorique,

faire de l'exercice quotidien (exemple : 30 minutes de marche
par jour) pour protéger les os de l'ostéoporose
("décalcification"), entretenir le capital
musculaire et améliorer l'humeur.
|
| |
|
 |
Est-ce que le
cancer de la prostate est révélé habituellement
par des troubles urinaires ?
|
| |
C'est en fait rarement le cas depuis le
diagnostic précoce par dosage du PSA. Dans les cancers
diagnostiqués précocement, la tumeur est de
petite taille et ne gêne pas la miction (action d'uriner).
Le cancer localisé de la prostate ne donne pas de signe,
argument important des défenseurs du dépistage.
Les troubles urinaires associés à un cancer
de la prostate restent cependant possibles dans 2 situations
:

Le cancer de la prostate est associé (sans relation
de cause à effet) à un adénome (hypertrophie
bénigne de la prostate) qui est responsable des troubles
urinaires.

Le cancer de la prostate est déjà à un
stade évolué et obstrue le canal urinaire (urètre).
|
| |
|
 |
Peut-on prendre un traitement pour
prévenir le cancer de la prostate ? |
| |
La chimioprévention désigne
la prise régulière d'un agent pharmacologique
pour prévenir la survenue d'une maladie.
Les résultats d'une étude évaluant les
capacités de chimioprévention d'un médicament,
habituellement utilisé pour le traitement des troubles
urinaires sur hypertrophie bénigne de la prostate,
ont été publiés récemment. Un
traitement quotidien par un comprimé de ce produit
pendant une durée de 4 ans avait diminué l'incidence
du cancer de la prostate par rapport aux patients qui n'en
prenait pas. Cependant, les cas de cancers prostatiques déclarés
chez les patients traités par ce médicament
semblaient plus agressifs. Cette constatation a tiédi
l'ardeur des défenseurs de la chimioprévention
par ce produit.
D'autres agents sont en cours d'évaluation.
Vers 2007, nous devrions avoir les résultats d'une
étude évaluant les capacités de chimioprévention
du cancer de la prostate par la prise régulière
de sélénium et de vitamine E.
|
| |
|
 |
A-t-on isolé des facteurs
prédisposant au cancer de la prostate ? |
| |
Il y a peu de facteurs de risque admis
de façon consensuelle par la communauté médicale.
Il s'agit de :
- l'âge : même si le cancer de la prostate peut
survenir rarement avant 50 ans, statistiquement, le risque
de développer un cancer de la prostate est d'autant
plus important que l'homme est âgé.

les antécédents familiaux : le risque d'un individu
augmente d'autant plus que le nombre d'hommes atteints d'un
cancer de la prostate dans sa famille directe (ascendants
et collatéraux directs) augmente.

la population afro-américaine (et probablement afro-européenne).
Plusieurs autres facteurs sont suspectés mais non étayés
par des preuves (comme l'obésité, la sédentarité,
les régimes riches en graisses animales, le manque
de vitamine D).
|
| |
|
 |
Qu'est-ce que le PSA libre ? |
| |
Le PSA circule dans le sang sous 2 formes
: une forme liée à une protéine (la forme
la plus commune) et une forme libre (en proportion moins importante).
Le résultat de PSA rendu par le laboratoire correspond
au PSA dit "total", c'est-à-dire l'addition
des 2 formes = forme liée + forme libre.
Les études les plus récentes montrent que plus
la proportion de PSA libre est importante plus le risque de
cancer est faible (et inversement). C'est une notion statistique
qui ne peut être appliquée de façon tranchée
chez un individu en particulier. Cependant en pratique, pour
un chiffre de PSA total compris entre 4 et 10 ng/ml, si la
proportion de PSA libre est supérieure à 25%,
le praticien est rassuré : il y a très peu de
risque que cette augmentation de PSA soit due à un
cancer de la prostate. Inversement, pour une proportion inférieure
à 12%, le risque d'avoir un cancer est important. Entre
ces 2 pourcentages (et c'est la majorité des cas),
il est difficile d'accorder au PSA libre un rôle majeur
dans la décision de procéder ou non à
une biopsie de la prostate.
Le PSA libre permet donc d'apporter une précision supplémentaire
au PSA total et, dans certains cas, d'encourager ou au contraire
de freiner l'indication de biopsie.
|
| |
|
 |
Y a-t-il une association entre la
survenue du cancer prostatique et la sexualité ? |
| |
Aucune étude convaincante n'a montré
une relation entre l'activité sexuelle et la survenue
d'un cancer de la prostate. Une étude de population
a montré une diminution de la fréquence de survenue
du cancer chez les hommes ayant eu depuis l'adolescence des
éjaculations fréquentes et régulières.
Cette étude n'est cependant pas validée par
la communauté scientifique et reste en contradiction
avec des études antérieures.
|
| |
|
 |
Y a-t-il une association
entre la progression du cancer prostatique et la sexualité
?
|
| |
Le diagnostic de cancer prostatique ne
doit pas modifier la vie sexuelle de l'homme. Il n'y aucun
argument en faveur de l'influence de l'un sur l'autre. Il
n'y a aucun risque pour les partenaires. Cependant, le traitement
du cancer peut altérer la sexualité, voire entraîner
une impuissance dans certains cas.
|
| |
|
 |
Est-il préférable
d'avoir une prostatectomie radicale (ablation totale de la
prostate) par voie coelioscopique ?
|
| |
La prostatectomie radicale consiste à
enlever la prostate dans son ensemble ainsi que les vésicules
séminales (2 petites poches appendue à la prostate,
jouant le rôle de réservoir de liquide séminal).
C'est exactement le même principe par voie chirurgicale
classique (dite à ciel ouvert) ou par coelioscopie.
Dans le premier cas, une incision est faite sous le nombril
pour aborder la prostate et dans le 2ème cas, cet abord
se fait par 5 orifices (qui permettent l'introduction d'une
caméra et d'instruments chirurgicaux adaptés).
Il n'y a actuellement pas de preuve d'une supériorité
de l'un de ces abords en ce qui concerne le taux de guérison.
Des études sont en cours, évaluant en particulier
la durée de convalescence ainsi que les résultats
sur la continence et la sexualité de chacun de ces
abords .
|
| |
|
 |
Faut-il continuer
la surveillance si une biopsie prostatique ne retrouve pas
de cancer de la prostate ?
|
| |
Oui.
La preuve d'un cancer de la prostate est apportée par
la biopsie (prélèvement par carottage de tissu
prostatique à l'aide d'une aiguille dans le but de
l'analyser au microscope). Malheureusement, une biopsie négative,
bien que rassurante, ne suffit pas à exclure un noyau
cancéreux à côté duquel l'aiguille
est passée.
Dans certains cas, l'urologue peut être amené
à proposer une nouvelle biopsie, en augmentant, s'il
le faut, le nombre de prélèvements de tissu
prostatique.
|
| |
|
 |
Quels sont les
risques de la biopsie prostatique ?
|
| |

Il est habituel (et sans gravité) d'avoir à
la suite d'une biopsie un peu de sang dans les urines, les
selles et le sperme. Un saignement abondant - extériorisé
ou collecté sous forme d'une poche (hématome)
- est considéré comme une complication. Les
risques sont faibles en l'absence de traitement qui empêche
le sang de coaguler normalement (comme les anticoagulants),
ou des problèmes constitutionnels de la coagulation.
Il faut donc prévenir votre urologue dans ces cas pour
prendre les mesures adéquates.
 Une infection
de la prostate (prostatite) peut compliquer une biopsie. Cette
situation est également rare, les biopsies étant
faites sous antibiotiques, après s'être assuré
qu'il n'y a pas d'infection urinaire. Si de la fièvre
et des frissons survenaient dans les heures ou jours qui suivent
une biopsie, il faut consulter rapidement pour avoir le traitement
adéquat.
 Il n'y
a aucun argument qui puisse faire penser que la biopsie "accélère"
le processus du cancer : la notion du " coup de pied
dans la fourmilière " n'est pas fondée.
|
| |
|